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Le Point - 03/01/2003
Classement
Grandes Ecoles
Le classement des cinquante meilleures écoles
d'ingénieurs
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Dossier
réalisé par Catherine Golliau, Eloïse Leydier,
Valérie Peiffer et Michel Revol, avec François
Malye.
Cliquez
ici pour accéder au classement des cinquante meilleures
écoles d'ingénieurs (format pdf)
L'Ecole
des mines de Paris caracole en tête devant l'X et Centrale
Lyon. L'Ecole des ponts et chaussées reste la
meilleure pour la pédagogie.
Meilleure
école, parce que la plus professionnalisante, les Mines
sont suivies par l'X, en pleine mutation. Leurs points forts
: elles ont tout, les moyens financiers, la qualité
de l'encadrement et une pédagogie très dynamique
!
Signe des temps, plus de la moitié des écoles
d'ingénieurs ont au moins un partenariat avec une école
de commerce.
L'Institut
national agronomique Paris-Grignon, Supélec et l'Icam
en ont même plusieurs. Les premières classées
se distinguent toutefois par le nombre de professeurs par
élève et leurs moyens financiers.
Plus
que le niveau des salaires à la sortie, les écoles
d'ingénieurs se distinguent par les liens qu'elles
entretiennent avec les entreprises. Par le biais des contrats
de recherche, d'où les positions en tête des
Mines de Paris et de l'Ensam.
Mais
aussi par l'apprentissage et les stages en entreprise (18
mois à l'X, 10 mois à l'Ensam ou à Centrale
Paris).
Les
grandes ambitions des Mines de Paris :
C'est dit : ils se marieront. L'Ecole des mines de
Paris, vainqueur par KO de notre classement devant Polytechnique,
va convoler avec l'Ecole nationale des ponts et chaussées,
notre numéro quatre, dont elle partage déjà
le même concours. A l'actif des nouveaux mariés,
des enseignements complémentaires (sciences de la terre,
mathématiques, génie des procédés...).
Elles affichent à elles deux le plus grand nombre de
doctorats par an (130 environ) et l'un des pôles de
recherche les plus importants de France. Ecole d'ingénieurs
qui se veut aussi forte sur l'apprentissage scientifique que
sur le savoir-être, l'Ecole des mines (créée
en 1783) s'unit à une vieille dame (1747) réputée
pour son dynamisme à l'international. L'union de ces
deux excellences n'est toutefois pas destinée à
former un duo, mais un club. " Ce projet est ouvert à
d'autres écoles parisiennes adhérant aux mêmes
valeurs : excellence du recrutement, formation généraliste,
tutorat, proximité du monde économique ",
souligne la direction des Mines.
Objectif
: créer un pôle de formation et de recherche
capable de rivaliser avec les meilleures écoles américaines,
en premier lieu le MIT. En 2000, l'Ecole des mines lançait
une stratégie de rapprochement avec ses six collègues
de province afin d'obtenir une meilleure visibilité
internationale. Elle est aussi associée au sein du
groupe ParisTech avec neuf écoles parisiennes. Ce mariage
avec les Ponts devrait permettre de voir plus grand, et plus
loin...
C.
G
L'X,
nouvelle version
" Devenir le MIT de l'Europe ! "
Tel
est l'objectif que s'est fixé le général
de Nomazy, directeur général de l'Ecole polytechnique.
Changement de culture sur le campus de Palaiseau ? Fini le
temps où l'X se définissait comme l'excellence
à elle toute seule.
Dans
cet antre de l'élitisme à la française
aussi, la référence - le Massachusetts Institute
of Technology - devient américaine. Considérée
jusqu'ici comme l'archétype de l'école du "
savoir ", brillante, mais académique, malgré
son stage obligatoire en entreprise, elle se veut moins généraliste
et plus ouverte sur l'international.
Numéro
deux de notre classement pour la qualité pédagogique,
ce qui est plus que bien, et troisième pour la professionnalisation,
elle reste fort bien placée puisqu'elle arrive finalement
deuxième derrière les Mines. Mais, à
l'X, même une place de second est une déchéance...
De
fait, cela fait deux ans maintenant que l'école a commencé
son aggiornamento. Le cursus est passé de deux à
quatre ans. Désormais, seule la quatrième année
se réalise dans une école d'application type
les Mines ou les Ponts et chaussées, et selon un protocole
d'enseignement défini par l'X elle-même. L'internationalisation
du cursus devient une priorité. Les 500 élèves
de chaque promotion sont fortement encouragés à
faire leur année de spécialisation à
l'étranger. L'X vient de signer à cet effet
des partenariats avec le MIT et Stanford. Objectif pour 2006
: envoyer 30 % des promotions hors de France.
"
La seule difficulté pour mener à bien
cette réforme réside dans son financement ",
confie le général de Nomazy. Afin de doubler
ses ressources, Polytechnique prévoit donc de faire
appel au privé avec la création de chaires d'entreprises
courant 2003 et des partenariats de recherche. Même
les élèves ont été mis à
contribution : la solde a baissé. 442,10 euros par
mois, contre 915 à 1 524 euros auparavant. C'est cela
aussi, la réalité du marché -
V.
P.
Révolution
culturelle chez les Gadz'arts
Comment former des ingénieurs-managers sans
sacrifier la formation scientifique ? C'est la question que
doit résoudre l'Ensam, l'Ecole nationale supérieure
d'arts et métiers, l'une des plus anciennes écoles
d'ingénieurs de France. D'après notre classement,
elle n'est que 19e pour la qualité de sa formation
pédagogique, alors qu'elle arrive en 4e place pour
la professionnalisation. Des résultats qui confirment
l'image traditionnelle du " gadz'arts " : bon ingénieur,
certes, mais plus cadre moyen que PDG de haut vol. Marie Reynier,
la nouvelle directrice de l'école, veut en finir avec
ce qu'elle estime être un " cliché ".
L'école sera désormais internationale.
Déjà, le centre de Metz, l'un des huit que compte
l'école, permet à 190 étudiants de partir
dix-huit mois à l'université de Karlsruhe, en
Allemagne. Même chose au centre de Bordeaux, où
existe un partenariat très étroit avec des universités
de la péninsule Ibérique. A terme, tous les
élèves devraient être concernés
par ces doubles cursus européens.
Autre défi, l'introduction des sciences humaines.
" Dans les trois ans, elles devraient constituer un tiers
de la formation ", assure la direction. Mais une telle
mutation implique nécessairement une restructuration
de l'équipe pédagogique, ainsi que la remise
en question de la culture maison. L'Ensam est en effet régulièrement
pointée du doigt pour les méthodes d'intégration
musclées pratiquées par certains élèves
soutenus par des anciens. Contre l'avis de la direction et
des professeurs Marie-Sandrine Sgherri
Le Monde - 14/01/2003
Nancy
reçoit sa part de décentralisation culturelle
Jean-Jacques Aillagon annonce le renforcement de deux
pôles : l'opéra et les arts plastiques.
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Après
avoir annoncé l'implantation, à Metz, d'une
antenne du Centre Pompidou (Le Monde du 10 janvier), le ministre
de la culture, Jean-Jacques Aillagon, se devait de faire un
geste en direction de sa rivale lorraine de toujours : la
ville de Nancy.
Il a donc donné son feu vert pour que l'Opéra
de Nancy devienne le sixième Opéra national.
D'après le maire de la ville, André Rossinot
(UMP), qui aime rappeler que la politique culturelle de Nancy
représente 20 % de son budget annuel, cet opéra
doit être une véritable " tête de
réseau régional."Ayant certes son siège
à Nancy, mais pouvant créer ou coproduire des
productions lyriques avec des partenaires régionaux
comme Thionville, Epinal ou Bar-le-Duc et coopérer
avec l'Opéra-théâtre de Metz.
Il est enfin prévu de créer un établissement
public de coopération culturelle (EPCC) entre divers
partenaires : le futur Opéra national de Nancy, l'Orchestre
symphonique et lyrique de Nancy, les départements lorrains,
mais aussi le Conservatoire national de région (1 600
élèves) et le Ballet de Lorraine, tous deux
implantés à Nancy. Un partenariat pourrait être
trouvé avec l'Orchestre national de Lorraine, basé
à Metz. "Il y aurait donc une filière musicale
autour de ce sixième Opéra national, indique
M. Rossinot, qui embrasserait la création, la diffusion
et l'éducation." Le budget (investissement et
fonctionnement) de cet EPCC devrait être proche de 18
ou 20 millions d'euros, dit-on à la mairie de Nancy.
Par ailleurs, se souvenant que Nancy fut une capitale
des arts décoratifs à la charnière des
XIXe et XXe siècles, Jean-Jacques Aillagon, dans une
lettre adressée le 9 janvier à André
Rossinot, aborde également la question des arts plastiques.
Il donne son accord à la création d'un Centre
d'art moderne et contemporain au sein du futur pôle
universitaire Artem (Arts, technologie, management). Ce dernier
doit regrouper sur un même site, d'ici trois ans, les
quelque 5 000 étudiants de l'Ecole des mines de Nancy,
de l'Ecole des beaux-arts et de l'Institut de commerce de
Nancy. " Il s'agit d'un projet de formation transversale,
dans l'esprit de l'Ecole de Nancy, qui prônait la complémentarité
de l'art et de l'industrie", explique M. Rossinot. Dans
ce but, 100 millions d'euros sont inscrits sur deux contrats
de plans successifs.
ARTISTES
EN RÉSIDENCE
Le
maire de Nancy propose d'ajouter un "étage supplémentaire"
à ce projet, en créant un Centre d'art moderne
et contemporain, de 5 000 à 6 000 m2. Ce dernier, dévolu
à l'étude et aux expositions temporaires, pourrait
recevoir des uvres pour une période de deux à
trois ans. Elles pourraient provenir du Musée national
d'art moderne, du Louvre, du Musée des arts décoratifs,
du Fonds national d'art contemporain (FNAC), du Fonds régional
d'art contemporain (FRAC) ou d'institutions étrangères,
notamment d'Europe orientale, de Budapest à Saint-Pétersbourg
en passant par Prague.
Ces
uvres, présentées dans des espaces ouverts
au public, seraient des sujets d'études pour les élèves
d'Artem. Il est également prévu de recevoir
ici des artistes en résidence. "Un tel établissement,
explique M. Rossinot, permettrait de professionnaliser de
jeunes diplômés, d'étudier et de valoriser
les collections nationales et d'introduire des problématiques
contemporaines grâce au regard de l'artiste invité."
Ce centre devrait être implanté dans une ancienne
caserne du centre-ville, à proximité du Musée
de l'école de Nancy et de la villa Majorelle. Un nouveau
bâtiment serait construit. Un concours d'architecture
pourrait être lancé dès la fin de l'année
2003. Il y a fort à parier que la date butoir de l'inauguration
du futur Centre d'art moderne et contemporain pourrait coïncider
avec l'arrivée du TGV entre Nancy et Metz, à
l'horizon 2007. C'est-à-dire l'année où
l'antenne du Centre Pompidou à Metz devrait être
achevée.
Emmanuel
de Roux
ARTICLE
PARU DANS L'EDITION DU 14.01.03
Les
Echos - 15/01/2003
Grand
Est : nouvelles formes de décentralisation culturelle
à Nancy et à Metz .
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Avec
la mise en Place à Nancy du sixième opéra
national et la création d'un centre d'art moderne et
contemporain, et l'implantation à Metz d'une antenne
du Centre Pompidou, ces deux villes seront au cur de
la diffusion culturelle du Grand Est.
L'Opéra
de Nancy va devenir le sixième opéra national.
Jean-Jacques Aillagon , ministre de la Culture, l'a confirmé
par courrier au Maire de la ville, André Rossinot,
qui aime à rappeler que 20 % de son budget sont consacrés
à la politique culturelle. " Outre ce label qui
va nous donner davantage de moyens de la part de l'Etat, le
ministère nous invite à expérimenter
dans le cadre d'un contrat triennal une nouvelle forme juridique,
celle d'établissement public de coopération
culturelle (EPCC) visant à créer un partenariat
entre l'opéra, le Ballet de Lorraine et l'orchestre
symphonique et lyrique, le conservatoire de région
(1900 élèves) à Nancy et l'orchestre
natioanl de Lorraine à Metz ", souligne Laurent
Hénard, adjoint à la culture du maire de Nancy.
"
Le budget annuel de cet EPCC devrait être compris
entre 18 et 20 millions d'euros ", indique la mairie
de Nancy. Cette Nouvelle Structure doit devenir une véritable
" tête de réseau national " permettant
la diffusion des créations nancéiennes dans
différentes villes lorraines comme Bar-le-Duc, Lunévielle,
Thaon-les-Vosges ou Thionville avec lesquelles des accords
de coopération vont être conclu.
Par
le même courrier, le ministre donne son feu vert à
la création à Nancy d'un centre d'art moderne
et contemporain au sein du projet ARTEM, futur pôle
universitaire qui doit regrouper d'ici à trois ans
les étudiants de l'Ecole des Mines de Nancy, de l'Ecole
des Beaux-Arts et le l'Institut Commercial de Nancy sur le
site de l'ancienne caserne Molitor, mobilisant 100 millions
d'euros d'investissement sur deux contrats de plan. "
Ce développement s'inscrit dans la tradition de l'Ecole
de Nancy qui en 1900 alliait la création, l'industrialisation
et la diffusion grand public ", insiste Laurent Hénard.
(
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Pascal
Ambrosi
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